Après avoir adoré et dévoré Noblesse Oblige, je me suis forcément attaqué à Liberté Oblige qui est sorti dans nos contrées début mars. Edité par Slalom, l’uchronie de Maiween Alix nous emmène dans une France où la révolution de 1789 n’a pas abouti et la royauté est toujours au pouvoir. Je ne vais pas vous refaire le résumé du premier tome et si vous ne l’avez pas lu, c’est le moment de partir pour éviter les spoils. Maintenant que Gabrielle a pris le pouvoir mais va-t-elle réussir à le conserver ?
Gabrielle est-elle prête à tout pour porter la voix du peuple ?
Voici l’espionne antiroyaliste à la tête du royaume de France ! La mort de Louis XXII se révèle être un soulagement de bien courte durée pour Gabrielle. Elle manque de soutien, d’expérience et de temps : sa régence est menacée, au moins autant que sa vie. Pour s’en sortir et faire entendre ses idées, elle doit jouer le jeu de ses opposants et repasser devant les caméras. Complots, drames et trahisons l’attendent au tournant. Tous les regards sont rivés sur cette nouvelle saison de « Noblesse Oblige ».
Nous retrouvons Gabrielle après la mort de l’horrible personnage qu’était Louis XXII, la laissant avec un pays à diriger et des traumas. Et elle sait que beaucoup souhaite le pouvoir… Sans aucun répits et avec très peu de soutien, la voilà lancée pour tenter de garder sa régence. Mais pour cela, elle va devoir de nouveau jouer le jeu devant les caméras, the show must go on comme on dit ! Et c’est aussi devoir composer avec les pires raclures de la noblesse qui ne veulent qu’une chose : prendre le pouvoir et l’envoyer en exil. Comme le duc de Lorraine qui place ses pions et est prêt à tout pour destituer Gabrielle. Mais elle peut compter sur Agnès et Solange, ses dames de compagnie qu’elle a sortie du cauchemar du couvent de Notre-Dame et sur Félix de la Brivoisière, son ministre des armées. Malgré sa popularité, sa vie est également en danger car ses ennemies sont prêt à tout pour la renverser.

Et autant dire qu’on est secoué de toute part à la lecture de ce tome. Le lecteur, comme Gabrielle, n’est pas épargné. Et il y a des passages où j’ai eu vraiment mal pour elle, j’étais énervée pour elle car elle subit des choses juste parce que c’est une femme… Certaines réflexions à ce sujet (les femmes et leur place dans la société) sont traitées avec justesse et on peut calquer certaines situations avec notre monde à nous. Comme le sujet des fruits pourries dans un gouvernement… La politique est bien traité et pareil, on pourrait coller ça avec le monde qui nous entoure et que la plupart du temps, les hommes ne sont qu’attiré par le pouvoir et la gloire, et si pour ça il faut éliminer d’une façon ou d’une autre les concurrents, pas de problème !



L’univers est sombre, certains passages sont difficiles (comme dans le premier tome) mais c’est prenant, impossible de lâcher la lecture ! Le côté téléréalité nous montre comment il est facile de manipuler des images afin de modeler les opinions du peuple et les endormir afin d’en faire ce que l’on veut. Gabrielle est une héroïne forte, qui en bave mais qui ne lâche pas son objectif. Et j’ai eu un petit coup de cœur pour Félix. Le rythme est effréné et on va de rebondissements en trahison, de complots à la vengeance en passant par des machinations et même si j’ai deviné certains retournements, cette lecture est addictive, parfois difficile et parfois touchante, les personnages sont vraiment bien écrits, l’uchronie est super bien pensée. C’est bien écrit, la lecture est fluide et c’est un véritable page-turner. Jusqu’à la fin, on retient sa respiration et on la reprend, difficilement, une fois le livre terminé. Bref, j’ai vraiment un coup de cœur pour cette duologie et pour l’autrice, Maiwenn Alix, j’adore son style et j’espère en découvrir d’autres de sa plume !
